lumbago

 

Je me suis fait recemment un "bon" lumbago. Comme beaucoup le font quand ils ont un ennui de santé, je suis allé voir sur internet ce qu'on disait de ce syndrome et sur son traitement.

J'y ai notamment découvert quelque chose qui m'a beaucoup surpris: la clinique du Parc (Lyon), internationalement réputée pour tout ce qui est traitement des lésions de la colonne vertébrale, a developpé sur son site toute une page qui associe l'apparition des scolioses et celle des lombalgies aiguës (= lumbago ou "tour de rein") à la théorie du chaos.

Voici le lien de cette page: 

http://www.demauroy.net/chaos_deterministique.htm

Je résume ci-dessous l'argumentation de l'auteur (le Docteur De Mauroy) validée par un mathématicien ( Jean-Marc Ginoux, docteur en mathématiques appliquées, actuellement à l'Université de Toulon) :

Il fait d'abord la différence entre le "raisonnement linéaire" et le "raisonnement chaotique":

Pour le "raisonnement linéaire":

La situation antérieure est une situation d'équilibre stable. Toute perturbation n'est que passagère et nous permet de revenir à l'état antérieur. Comparaison avec un système de billes attachées par des fils côte à côte sur une même potence: Le choc dur sur une bille attachée à un fil revient à son point initial.C'est la situation habituelle en traumatologie.

Pour le raisonnement chaotique: 

La situation antérieure est une situation d'équilibre instable, les structures anatomiques du rachis sont en perpétuelle évolution et une fois les perturbations terminées, nous ne pouvons plus revenir en arrière. Comparaison avec le choc sur une bille en équilibre sur le sommet d'une pyramide:Toute poussée sur la bille aura pour effet de provoquer un changement irréversible d'équilibre. C'est une situation fréquente en orthopédie. Il faut raisonner en terme d'instabilité. L'équilibre entre les différentes structures musculaires, ligamentaires, osseuses est plus important que la structure elle même. Par exemple, le rôle du traitement orthopédique conservateur est de faciliter cette ré harmonisation naturelle.

D'après le docteur De Mauroy et validé par le mathématicien Ginoux, la lombalgie est, avec la scoliose, la représentation concrète du chaos appliquée au rachis puisqu'on y a un système:

- ouvert (échanges permanents avec l'extérieur)

- complexe (origine multifactorielle)

- imprévisible (évolution par seuils)

- très sensible aux conditions initiales (effet papillon)

- déterministique (non du au hasard)

- modélisable avec convergence vers un nouvel état de stabilité.

C'est résumé par ce "théorème":

Lthéorie du chaos déterministique trouve toute son application dans la LOMBALGIE AIGUË. Les schémas linéaires ayant tous fait faillite. La lombalgie est très sensible aux conditions initiales surtout centrale. Stress, anxiété, inattention sont souvent plus importants que les facteurs mécaniques dans le déclenchement d'une lombalgie. L'incertitude évolutive et le passage à la chronicité sont caractéristiques de la lombalgie.

Théorème qui débouche sur le corollaire suivant:

En situation chaotique, le traitement symptomatique n'a pas de sens. On ne va pas à la chasse au papillon pour éviter la tornade au Texas.  Pour les lombalgies, tous les traitements classiques symptomatiques donnent environ 80 % de bons résultats, comme d'ailleurs l'absence de traitement. S'il y avait un traitement efficace pour toutes les lombalgies, cela se saurait et il serait universellement utilisé.

Et qui est détaillé et developpé ailleurs sur le site de cette manière:

L'échec de la prise en charge des lombalgies chroniques est souvent lié à son évolution chaotique (non linéaire) et à la difficulté de mettre en évidence une instabilité mécanique.

Quelques aphorismes :

  1. La lombalgie n'est pas une maladie, c'est un signal d'alarme et une ceinture de sécurité pour la colonne vertébrale. Prendre un antalgique, c'est comme conduire sans ceinture de sécurité.
  2. Il n'y a pas de corrélation entre l'image radiologique et la symptomatologie clinique. Faire un scanner ou une résonance magnétique ne constituent pas un traitement de la lombalgie.
  3. Le repos est généralement contre-indiqué et ralentit fortement la reprise. L'arrêt de travail supérieur à 3 semaines (temps de cicatrisation d'un ligament) n'a pas de sens ; la colonne est un flexible fait pour être en mouvement. Lorsque l'immobilisation du rachis lombaire est indiquée, il faut utiliser le lombostat tout en continuant une activité normale.
  4. Les traitements médicamenteux sont peu efficaces car le disque intervertébral n'est pas vascularisé.
  5. Le traitement orthopédique conservateur doit être envisagé après 2 mois d'échec des traitements classiques. Il faut répondre à une lombalgie mécanique par une solution mécanique (décharge de 30% des pressions). Il s'agit d'une urgence, car le nerf a une mémoire et un dysfonctionnement mécanique évolue rapidement vers l'hypersensibilité locale.