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Nicholas Georgescu-Roegen, 1906-1994

Le roumain Nicholas Georgescu-Roegen, initialement mathématicien spécialisé en statistiques, a ensuite bifurqué vers les sciences économiques. Son principal apport dans ce domaine est une nouvelle approche de l'économie, approche dite "thermodynamique". Elle est en opposition avec l'approche classique qui repose principalement sur la loi de l'offre et de la demande, qui est un peu pour l'économie classique ce qu'est la loi de gravitation universelle pour la mécanique newtonienne. Pour cela, il introduit le concept thermodynamique (voir son deuxième principe) d'entropie et voilà comment lui-même résume son point de vue:

"L'économiste non orthodoxe que je suis ajouterait que ce qui entre dans le processus économique consiste en ressources naturelles de valeur et que ce qui en est rejeté consiste en déchets sans valeur. Or, cette différence qualitative se trouve confirmée, quoique en termes différents, par une branche particulière et même singulière de la physique connue sous le nom de thermodynamique. Du point de vue de la thermodynamique, la matière-énergie absorbée par le processus économique l'est dans un état de basse entropie et elle en sort dans un état de haute entropie"

On trouvera le developpement complet de sa théorie sur le lien suivant:

http://classiques.uqac.ca/contemporains/georgescu_roegen_nicolas/decroissance/la_decroissance.pdf

Sa théorie débouche sur cette conséquence logique: seule une décroissance programmée permettra à moyen et à long terme à l'humanité de ne pas tomber sur l'impasse totale où, d'après lui, nous amènent actuellement les politiques de croissance, même quand elles prétendent être durables.

Il termine le chapitre 2 de son ouvrage phare (version française sous le titre "La décroissance Entropie – Écologie - Économie" publié pour la première fois en 1979) par un "programme bioéconomique minimal" en huit points dont le dernier est le suivant:

"En accord forcé avec tout ce que nous avons dit jusqu'ici, il nous faut nous guérir nous-mêmes de ce que j'ai appelé « le cyclondrome du rasoir électrique »  qui consiste à se raser plus vite afin d'avoir plus de temps pour travailler à un appareil qui rase plus vite encore, et ainsi de suite à l'infini. Ce changement conduira à un émondage considérable des professions qui ont piégé l'homme dans le vide de cette régression indéfinie. Nous devons nous faire à l'idée que toute existence digne d'être vécue a comme préalable indispensable un temps suffisant de loisir utilisé de manière intelligente."

C'est ce dernier point qui nous a donné l'idée de ce problème:

Trouver une modélisation mathématique simple du "cyclondrome du rasoir électrique". En étudier ensuite la résolution (existence éventuelle d'une solution, son unicité, obtention d'une solution explicite ou numérique).